• Jean-Yves Barreyre, lauréat du Trophée des lecteurs des ASH

     

    Jean-Yves Barreyre, sociologue, directeur du CREAI Ile-deFrance et du Cédias-Musée social a reçu le 12 novembre 2015 le "Trophée des lecteurs des ASH". Il a été choisi par les internautes parmi 17 personnalités ayant contribué à la reconnaissance et à la valorisation de l'action sociale et ayant pour point commun d'avoir suivi une formation initiale en travail social. En lui attribuant cette distinction, les lecteurs des ASH ont reconnu en lui l'un des plus fins experts des politiques sociales et médico-sociales, qui explore depuis une vingtaine d'années le champ de l'extrême vulnérabilité. Le prix a été remis à Jean-Yves Barreyre par Mickaël Ayoun, responsable de secteur-service formation de EPE, l'École des parents et des éducateurs, partenaire de l'opération.

     

    Retrouvez-vous ci-dessous les 17 personnalités nominées: 

     

    Jean-Yves BarreyreJean-Yves Barreyre

    Issu d’un milieu ouvrier, il a commencé à travailler comme éducateur de rue, puis comme responsable de structures sociales dans des cités de la région parisienne. Après un diplôme supérieur du travail social, il a soutenu en 1990 une thèse de sociologie à la Sorbonne (« Le loubard et le chasseur noir ») avant d’être enseignant de sociologie à l’Ecole supérieure de travail social et chargé de cours à l’université de Nanterre. En 1994, il devient directeur du CREAI (Centre régional sur l’enfance et l’adolescence inadaptée) d’Ile-de-France, et prend, en plus, à partir de 2001, la direction du Centre d’études, de documentation et d’action sociale (Cédias)-Musée social, ce qui lui permet de constituer une équipe de recherche nationale sur le secteur. Secrétaire général de l’Association nationale des CREAI et vice-président du conseil scientifique de la CNSA (Caisse nationale de solidarité et d’autonomie), c’est un expert averti, qui a accompagné par ses nombreux travaux sur le handicap, l’exclusion, la psychiatrie, les « incasables »…, les évolutions des politiques publiques. Depuis dix ans, il s’intéresse plus particulièrement aux configurations de vulnérabilité complexe pour lesquelles le dispositif sanitaire et social est inadéquat, dont il vient de tirer un essai très personnel (« Eloge de l’insuffisance » - Ed. érès). Il participe aux réflexions préparatoires aux lois sanitaires et sociales et à la mise en œuvre des dispositifs publics. Auteur de nombreux ouvrages et articles sur le secteur social et médico-social, il donne une trentaine de conférences par an et intervient dans plusieurs masters.

     

    Brigitte BouquetBrigitte Bouquet

    C’est entre 1959 et 1965 que Brigitte Bouquet fait ses études, d’infirmière d’abord puis d’assistante sociale. Etudiante au moment de la réforme de 1962 qui voit l’introduction des méthodes d’intervention en service social dans le programme de formation (travail social individuel, de groupe et avec les communautés), elle fera partie de celles qui veulent sortir du case work, méthode d’Outre-Atlantique jugée comme une « référence trop fermée ». Diplôme en poche, elle exerce de 1965 à 1975 comme assistante sociale du travail, puis s’oriente vers l’enseignement. Elle donne des cours dans la maîtrise de sciences sociales appliquées au travail à l’université de Créteil dans les années 1970, puis devient directrice de l’école d’assistants de service social de Montrouge en 1983, et cofonde le Réseau histoire du travail social en 1989, lequel réunit tous ceux qui veulent croire, comme elle, « que les professionnels comprendront mieux l’action sociale si l’on sait comment elle s’est mise en place ». Parallèlement, Brigitte Bouquet poursuit ses propres études, décroche le diplôme de l’Ecole des hautes études en sciences sociales et se lance dans une thèse de sociologie sur les discours autour de la « loi Veil » sur l’avortement. Elle fut ensuite successivement conseillère technique à la CNAF et directrice du Cédias-Musée social. Consécration en 2001, elle devient la première titulaire de la chaire de travail social instituée en France au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). L’occasion de proposer au ministère de la Recherche de créer un DEA « Travail social, action sociale et société ». Reconnaissance encore avec son élection, en 2003, à la vice-présidence du Conseil supérieur du travail social (CSTS), où elle a animé les Ve et VIe mandatures (elle en est membre depuis 1997). Dans ce cadre, elle a été chargée du rapport sur « le partage des informations dans l’action sociale » (2013). A 74 ans, elle officie toujours comme professeur émérite au CNAM, et siège notamment à la commission « éthique et déontologie » du CSTS et au conseil d’administration du Cédias.

     

    Christian ChassériaudChristian Chassériaud

    A 69 ans, Christian Chassériaud a derrière lui un long parcours professionnel. Après des études de philosophie et de théologie, ce natif des Deux-Sèvres, issu d’une famille ouvrière, décroche son diplôme d’éducateur spécialisé en 1972 à Bordeaux. Il entreprendra par la suite des études de sociologie et de sciences sociales. Sur le plan professionnel, il sera éducateur de prévention, puis directeur adjoint d’un orphelinat de jeunes filles qu’il transformera en institut de rééducation psychothérapique. En 1981, il fonde avec des militants associatifs et syndicaux l’APARE (Association périgourdine d’action et de recherche sur l’exclusion). Pionnier, il lancera le premier GEIQ (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification), puis participera aux côtés de Claude Alphandéry à la fondation du Conseil national de l’insertion par l’activité économique tout en étant engagé dans de nombreux organismes (FNARS, EAPN, UREI Aquitaine… ). En 1993, son rapport sur la grande exclusion sociale fait du bruit, servant notamment de document ressource pour la loi de 1998 de lutte contre les exclusions. Christian Chassériaud prend ensuite la direction de la cellule emploi des Pyrénées-Orientales. Egalement impliqué dans la formation, l’ancien éducateur a pris la tête en 1997 de l’Institut du travail social de Pau. En 2001, il crée l’AFORTS (Association française des organismes de formation et de recherche en travail social), à l’origine de la création de l’Unaforis (Union nationale des associations de formation et de recherche en intervention sociale), dont il a été vice-président de 2010 à 2011. Nommé au Conseil supérieur du travail social en 2003, Christian Chassériaud reste engagé dans plusieurs associations du secteur social à Pau. Conseiller municipal de Bizanos (Pyrénées- Atlantiques), il a été nommé en 2014 au conseil économique, social et environnemental d’Aquitaine.

     

    François Chérèque François Chérèque

    « C’est un rugbyman : il sait prendre des coups mais aussi en donner », témoignait, dans un portrait que les ASH consacraient en 2002 à François Chérèque, alors qu’il arrivait à la tête de la CFDT, l’un de ses proches. Pendant dix ans, cette qualité– ainsi que celle qu'il se reconnaît lui-même : le goût et la capacité d'animer des équipes - lui sera bien utile à ce poste, aboutissement d’une carrière syndicale commencée à la fin des années 1970 en même temps qu'un parcours dans le travail social. Car François Chérèque, né près de Nancy le 1er juin 1956, a été formé à l'école d'éducateurs de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). Après des stages en région parisienne (IME, foyer de jeunes filles et un hôpital psychiatrique de jour), il s'oriente vers la psychiatrie. Son premier poste, il le trouve en 1978 dans un hôpital de jour, le centre Jean-Wier, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Puis, pendant douze ans, cap sur les Alpes-de-Haute-Provence : au service de pédopsychiatrie du centre hospitalier de Digne, il participe avec enthousiasme au lancement d'hôpitaux de jour dans le département. Les responsabilités syndicales, pourtant, l'éloignent de son métier… et de Digne. En 1996, il devient secrétaire général la fédération Santé-sociaux, première fédération de la confédération en nombre d’adhérents. En 2001, c'est lui que Nicole Notat choisit pour lui succéder. Elu secrétaire général de la CFDT en 2002, il sera réélu en 2006 puis en 2010. Soucieux de « dépasser certains clivages », il engage la CFDT dans le soutien pragmatique à certaines réformes, comme celle des retraites en 2003 (gouvernement Raffarin), ou encore celle de la représentativité syndicale (gouvernement Fillon). Il combat en revanche la réforme des retraites de 2010. Il quitte le secrétariat général en novembre 2012. Dès janvier 2013, il est nommé inspecteur général des affaires sociales. Parmi ses missions, le suivi du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté. En janvier 2014, il succède à Martin Hirsch à la présidence de l’Agence du service civique. Il préside également depuis janvier 2013 le think tank Terra Nova.

     

    Patrick DoutrelignePatrick Doutreligne

    Alors qu’il avait annoncé son départ à la retraite au printemps, Patrick Doutreligne a été élu à l’unanimité président de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux) le 5 juin dernier. Réponse à une sollicitation dont il est fier, et retour dans une maison qu’il connaît bien, lui qui a été conseiller technique à l’Uriopss Nord-Pas-de-Calais puis à l’Uniopss pendant sept ans. Une élection qui marque aussi l’aboutissement d’un parcours consacré presque exclusivement au logement. Né en 1953, ce fils d’un directeur de centre de semi-liberté n’échappe pas à la vocation familiale. A 21 ans, diplôme en poche (DEES), il est éducateur spécialisé dans un foyer de semi-liberté, à 26 ans, directeur adjoint d’un foyer de jeunes travailleurs. Il devient ensuite directeur départemental d’un service de tutelles aux prestations sociales dans le Pas-de-Calais. A l’Uniopss, où il officie dans les années 1990, il est notamment chargé de suivre l’application de la loi visant à la mise en œuvre du droit au logement, dite loi Besson, du nom du secrétaire d’Etat au logement de l’époque. Son expertise sur les questions de logement est telle que Louis Besson lui demande en 1997 de rejoindre son cabinet comme conseiller technique. Deux ans plus tard, il est nommé secrétaire général du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées auprès du président Xavier Emmanuelli, avant de devenir délégué général de la Fondation Abbé Pierre en 2003. Depuis lors, cet homme de conviction n’a cessé de défendre la cause des plus fragiles sur un marché du logement en crise permanente.

     

    Didier Dubasque Didier Dubasque

    L’histoire de Didier Dubasque, 60 ans, est celle d’un cheminot sorti très tôt des rails pour s’embarquer dans le train du travail social. « Comme beaucoup, j’avais envie de participer à rendre le monde meilleur », explique-t-il. Les circonstances l’aiguillent vers le diplôme d’assistant de service social, qu’il décroche en 1983. Après des débuts dans un service de placements éducatifs, ce père de deux enfants intègre, en 1987, les services sociaux du conseil général de Loire-Atlantique, qu’il ne quittera que pour une parenthèse, de 1991 à 1993, dans une radio locale. Revenu au conseil général, il y exerce plusieurs fonctions. Il retourne sur le terrain huit années en polyvalence à Saint-Brévin et fera escale pendant trois ans au sein du service développement local avec pour objectif d'accompagner ses collègues vers des actions collectives. Il contribuera ensuite à mettre en place un outil informatique encore utilisé dans les centres médico-sociaux du département. Il sera aussi responsable du pôle Vie sociale-Insertion. Militant, Didier Dubasque est membre de longue date de l’Association nationale des assistants de service social (ANAS). Il participe à ce titre, de 1997 à 2000, à un groupe de travail du Conseil supérieur du travail social (CSTS) sur l’informatisation du travail social. Deux ans plus tard, en juin 2002, il prend pour trois ans la présidence de cette même ANAS, alors à deux doigts de disparaître. Il restera à son conseil d'administration jusqu'en 2014. Il fait partie depuis 2008 du collège de personnalités qualifiées du CSTS, où il a notamment présidé un groupe de travail sur « l’intervention sociale d'intérêt collectif ». Membre de l'Association régionale des instituts de formation en travail social Pays de la Loire, il anime un blog intitulé « écrire pour et sur le travail social ». Le travail social reste une passion qui se justifie, selon lui, par la nécessité d'agir de façon professionnelle avec et pour les autres, notamment les personnes les plus exclues de la société.

     

     

    Christine GarcetteChristine Garcette

    Assistante sociale, 35 ans de vie professionnelle... que Christine Garcette résume en quatre lignes de force. D'abord, des rencontres déterminantes pour ses choix professionnels : dès sa formation initiale – elle obtient son diplôme d'Etat en 1979 -, Marie-Antoinette Rupp, Louis Moreau de Bellaing, Christian Bachmann, Robert Castel, Michel Chauvière, lui ont « donné envie d’associer à la pratique professionnelle la formation et la recherche, de comprendre le travail social avec l’éclairage de la sociologie mais aussi de l’histoire ». D’où une recherche avec Christian Bachmann et Jacky Simonin sur l’image du service social en entreprise, un DEA de sociologie en 1989 - suivi d’un début de thèse avec Robert Castel - sur les premières années du travail social, un premier livre sur « la professionnalisation du travail social » (Ed. L'Harmattan, 1996), la création avec Brigitte Bouquet du Réseau histoire du travail social en 1989... Le tout en parallèles de postes d’assistante sociale en association et en entreprise. Deuxième axe de son parcours, un souci d’enseigner et de transmettre. C'est ainsi qu'elle sera par exemple, de 1986 à 2000, cadre pédagogique à l'Ecole normale sociale, avant de prendre pendant deux ans la direction de l'Association nationale des assistants de service social, qu'elle présidait depuis 1997. Troisième axe : mettre en lien, établir des passerelles. Un fil qu'elle tirera à la tête du Clicoss (Comité départemental de liaison et de coordination des services sociaux) de Seine-Saint-Denis de 2002 à 2009, puis d’une association d’insertion professionnelle à La Rochelle, ou aujourd’hui en tant que chargée de mission à la direction générale du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, sur des projets sociaux de territoire et de développement social local. Dernier fil rouge, des convictions à communiquer. « Mes engagements associatifs et militants, à l’ANAS, à la Conférence permanente des organisations professionnelles, au SSAE ou encore aux CEMEA... m’ont confrontée à la difficulté de « tenir bon » à plusieurs sur des valeurs malmenées par la société d’aujourd’hui ». Christine Garcette est aussi l'auteur, avec Brigitte Bouquet, d'un « classique » initialement paru en 1998 : «  Profession : assistant de service social » en est à sa 6e édition (Ed. Vigot Maloine, 2014).

     

    Bernard HeckelBernard Heckel

    A la tête du Comité national de liaison des associations de prévention spécialisée (CNLAPS) pendant 18 ans, de 1996 à 2013, Bernard Heckel a rencontré le travail de rue peu de temps après l'obtention de son diplôme d'éducateur spécialisé, à Strasbourg, en 1970. Un champ qu'il ne quittera plus, dès lors, ses préoccupations. Dès 1977, il quitte le Bas-Rhin pour rejoindre la Savoie, où il officie à la Sauvegarde de l'enfance, d'abord comme chef de service, puis, à partir de 1983, comme directeur du service départemental de prévention spécialisée jusqu'en 1995. A partir de l'année suivante, au CNLAPS, au-delà de la direction technique et administrative, il exercera entre autres des fonctions de formateur, de consultant auprès d’associations de prévention spécialisée et de collectivités territoriales, notamment pour l’élaboration ou l’actualisation de projets de service dans le cadre de la loi du 2 janvier 2002 et la mise en place de référentiels d’évaluation. Son combat pour la reconnaissance des missions éducatives et de l'utilité sociale de la « prév’ », il le mènera aussi au sein du Conseil technique de la prévention spécialisée (CTPS) - organe consultatif disparu en janvier dernier -, dont il a notamment présidé la commission « institution scolaire et prévention spécialisée ». Bernard Heckel ne s'est pas cantonné à la sphère hexagonale, s'impliquant activement dans des organisations et réseaux internationaux pour la jeunesse et le travail social. A la retraite depuis le 1er janvier 2014, il conserve de nombreux engagements : il préside le Conservatoire national de l’histoire de l’éducation spécialisée et de l’action sociale (Cnahes) depuis décembre 2013, co-coordonne le Séminaire pour la promotion de l’intervention sociale communautaire (SPISC) et appartient au conseil scientifique de la recherche-action de ce collectif sur « La prise en compte de la dimension communautaire dans les interventions sociales » – un sujet qui l'a toujours passionné. Il a également contribué au groupe de travail préparatoire des « états généraux du travail social » sur le thème « Développement social et travail social collectif ».

     

    Roland JanvierRoland Janvier

    Assistant social de formation, Roland Janvier s’est rapidement orienté vers les fonctions de direction. Titulaire du Cafdes (Certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement social) depuis 1992, complété par un DESS « politiques sociales et stratégies de direction » (Paris-13), il s’est frotté à l’exercice du management en dirigeant successivement une maison d’enfants à caractère social, un centre d’accueil familial spécialisé et des services médico-sociaux et socio-judiciaires. Des expériences qui l’ont conduit à prendre la direction générale de la Sauvegarde de l’enfant à l’adulte en Ille-et-Vilaine (1999-2008) puis celle de la Fondation Massé-Trévidy (Finistère), fonction qu’il occupe toujours. Co-président du GNDA (Groupement national des directeurs généraux d’associations) et auteur d’essais sur la fonction de direction, la qualité et le changement en action sociale, il a également dirigé ses réflexions sur la participation des usagers, sujet d’ailleurs de sa thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes-2. Son passage au Conseil national de l’évaluation sociale et médico-sociale, puis à l’ANESM (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) lui a permis d’être associé à la mise en place de l’évaluation dans le champ social. Mais cet expert est aussi un militant, qui a co-fondé le collectif « Repolitiser l’action sociale », sorte de think tank sur les enjeux de l’action sociale. Au-delà de la rédaction de nombreux ouvrages, il intervient dans diverses formations.

     

    Jacques LadsousJacques Ladsous

    Fils d’ouvrier, ancien maquisard, éducateur depuis 1946, Jacques Ladsous a accompagné la structuration du secteur social. Ce pédagogue, qui déroule sa vie professionnelle comme une suite de « résistances » contre « l’oppression », a adhéré dès 1947 au mouvement d’éducation populaire des CEMEA (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active). Délégué général à la formation des éducateurs aux CEMEA, il créera cinq centres de formation d’éducateurs avant de diriger l’école de Vaugrigneuse (Essonne). Il prendra ensuite la direction d’un établissement d’adolescents violents dans les Yvelines puis du CREAI (Centre régional pour l’enfance et l’adolescence inadaptées) d’Ile-de-France. Son engagement éducatif et politique l’a amené à multiplier les allers et retours entre la pratique et la réflexion : il a participé au groupe de réflexion autour de Bernard Lory, directeur général de la population et de l’action sociale, sur les mesures d’adaptation pour former les « faisant fonction », été conseiller « informel » de Nicole Questiaux, ministre de la solidarité en 1981, vice-président du Conseil supérieur du travail social, secrétaire général du Cédias-Musée social (dont il est toujours administrateur), compagnon de Deligny… Ce militant infatigable - on ne compte plus ses engagements (Advocacy, le Théâtre du fil, les Compagnons de la nuit…) - n’a eu de cesse d’opposer à un social gestionnaire un social d’invention, de créativité et de transformation sociale. Une conviction qui l’a amené à lancer en 2002 son appel à des « états généraux du social », qui a entraîné une vaste mobilisation des travailleurs sociaux en 2004, ou encore à faire partie des initiateurs du séminaire «  Demain, quelles politiques de solidarité ? » (2009-2012) sous l’égide du Cédias.

     

    Anne LéculéeAnnie Léculée

    Educatrice spécialisée, Annie Léculée a travaillé durant 40 ans, jusqu’en 2014, au sein du service de prévention spécialisée de la Fondation Jeunesse feu vert, à Paris. A 68 ans, cette femme de terrain a mené de front une vie professionnelle riche et un engagement syndical intense à la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Après avoir décroché son diplôme d’éducatrice spécialisée à l’Institut régional du travail social de Lorraine à Nancy, elle travaille d’abord pendant trois ans dans un service d’action éducative en milieu ouvert avant de rejoindre en 1973, à Paris, la Fondation Jeunesse feu vert, spécialisée dans l’éducation, la prévention et l’insertion, où elle a occupé successivement toutes les fonctions jusqu’à celle de directrice. A la tête d’un service comprenant lors de son départ 10 équipes de prévention spécialisée, cette militante de la formation professionnelle a mis en place une politique de développement de la formation et de la qualification. Elle a d’ailleurs elle-même décroché en 1984 un DESS en psychologie clinique à Paris-VII. Côté syndical, elle a longtemps été engagée dans les instances régionales puis nationales d’Unifaf, l’organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) des fonds de la formation professionnelle pour la branche sanitaire, sociale et médico-sociale à but non lucratif. Membre du Conseil d’administration paritaire d’Unifaf, elle a présidé l’OPCA en 2007 et 2008, au titre du collège des salariés, et en a été trésorière en 2013 et 2014. Aujourd’hui retraitée, elle reste membre de la Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle de la branche, dont elle a assuré la présidence en 2011 et 2012. Elle préside en outre Unifaf Ile-de-France.

     

    Lurent PuechLaurent Puech

    Agé de 50 ans, Laurent Puech est assistant social, diplômé de l’IRTS de Montpellier depuis 2000. Employé par un conseil général et mis à disposition de la gendarmerie, il intervient dans des situations de violences intrafamiliales. Formateur sur les thèmes de la responsabilité et du secret professionnel, il travaille régulièrement pour le Carrefour national de l’action éducative en milieu ouvert (Cnaemo), l’Association nationale des intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie ((ANISCG) ou directement dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. De 2005 à 2013, Laurent Puech a été successivement président puis vice-président de l’Association nationale des assistants de service social (ANAS). A ce titre, il a participé aux travaux préparatoires à la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance et aux débats sur la loi relative à la prévention de la délinquance datée du même jour, principalement sur la question du secret professionnel. Toujours avec cette casquette, il a été membre du groupe du Conseil supérieur du travail social (CSTS) qui, sous la direction de Brigitte Bouquet, a rédigé le rapport sur « Le partage d’informations dans l’action sociale et le travail social », remis en 2013 à Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. En septembre 2014, il a créé un « site-ressource pour les travailleurs sociaux et les institutions du social », consacré à la question sensible du secret professionnel (www.secretpro.fr)

     

    François Roche François Roche

    Assistant de service social, titulaire d’une maîtrise en sciences humaines cliniques et de deux diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS), l’un de psychologue clinicien, l’autre en ingénierie sociale-gestion du développement social, François Roche se définit lui-même comme un « travailleur social, toujours engagé ». En 1974, alors âgé de 27 ans, il est chargé d’actions éducatives en milieu ouvert à la Sauvegarde de l’adolescence de Paris. A deux reprises responsable de centres de formation professionnelle (de 1976 à 1991 à l’Ecole normale sociale de Paris, puis de 2001 à 2007 à l’Unité de formation des travailleurs sociaux de Vic-le-Comte [Puy-de-Dôme]), il fut également directeur des formations supérieures, continues et du développement de l’IRTS de la région Auvergne. Membre du Conseil supérieur du travail social (CSTS) depuis qu’il y est entré en 1988, faisant partie de ces personnalités qualifiées qui le composent, il fut notamment le rapporteur en 2009 du rapport de la VIe mandature de l’instance intitulé « Le travail social aujourd’hui et demain », qui proposait plusieurs perspectives pour l’avenir du secteur, qu’elle souhaitait voir mieux reconnu par les décideurs. Que ce soit au lycée, dans sa vie professionnelle ou dans ses activités politiques, François Roche a toujours été un militant engagé. Cofondateur de l’Association de solidarité avec les travailleurs immigrés de Paris, administrateur d’associations de résidents, de prévention et de lutte contre les toxicomanies, il est sur tous les fronts. Aujourd’hui à la retraite, il n’en reste pas moins très actif. Coordinateur de la commission « éthique et déontologie » du CSTS, il est également président du comité départemental d’éthique à la direction générale de l’action sociale et de la solidarité du Puy-de-Dôme depuis 2006. L’éthique, autrement dit « le souci de l’autre » reste sa devise.

     

    Monique SassierMonique Sassier

    Cette ancienne professeure de lettres est entrée dans le secteur social par la porte de l’administration pénitentiaire. Educatrice au service de probation du tribunal de grande instance de Créteil en 1977, Monique Sassier devient chef de service à l’administration centrale du ministère de la Justice avant de diriger le service de probation de Paris où elle crée le service régional d’accueil, d’insertion et d’orientation des « sortants » de prison. Elle se tourne en 1990 vers les questions de pauvreté puisqu’elle est successivement adjointe du rapporteur général de la commission d’évaluation du RMI et rapporteur général de la Commission « cohésion sociale et prévention de l’exclusion pour le XIe plan » sous la présidence de Bertrand Fragonard. Chef du bureau des actions de prévention au bureau d’aide sociale de Paris en 1993, elle participe à la création du Samu social avant d’être chargée de mission au département de Paris. En janvier 1997, elle rejoint l’UNAF (Union nationale des associations familiales) en qualité de directrice générale adjointe puis de directrice générale. Elle quitte en 2005 la famille pour revenir à son milieu d’origine, l’Education nationale, d’abord comme inspectrice générale de cette administration, puis comme médiatrice de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur. Chargée par le ministère de la Famille d’une mission sur le sujet, elle fut notamment la cheville ouvrière de la réforme de la médiation familiale avec la reconnaissance d’un métier en 2003. Un parcours décloisonné et pour le moins atypique.

     

    Jean Marie SchléretJean-Marie Schléret

    Depuis sa naissance à Metz en 1941, Jean-Marie Schléret a toujours conjugué travail social et engagements multiples. Diplômé de lettres modernes et psychologie, il se destine d’abord à l’enseignement, avant de s’orienter vers l’éducation spécialisée au début des années 1960. Après 15 mois en coopération militaire à Beyrouth, il rentre en France où il travaille comme éducateur dans un centre de rééducation pour jeunes délinquants. Puis repart au Liban lancer une formation d’éducateurs spécialisés. En 1970, avec son épouse libanaise, il crée l’institut médico-éducatif Le Prélude, lequel restera ouvert jusqu’au début de la guerre civile de 1975, qui les contraint à rentrer en France. A Nancy, l’éducateur trouve un emploi de conseiller technique au centre régional de Lorraine pour l’enfance inadaptée. En 1979, il devient directeur de la consultation d’orientation éducative du tribunal de la ville, poste qu’il occupera pendant 14 ans. Mais Jean-Marie Schléret est surtout connu pour ses engagements bénévoles et politiques. En 1980, il est élu président de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP). En 1984, il « passe de l’autre côté de la barrière », avec la naissance de sa fille trisomique. C’est elle qui, depuis, guide ses engagements. En 1989, il rejoint la mairie de Nancy comme adjoint, puis conseiller délégué à l’action sociale (2001-2008), à la santé et au logement (2008-2014). Suppléant d’André Rossinot, député maire de Nancy, il le remplace à l’Assemblée nationale de 1993 à 1995, lorsque ce dernier devient ministre de la Fonction publique du gouvernement Chirac. Une expérience mitigée tant « la capacité d’action d’un député reste bien limitée ». Il se sent bien plus utile comme président de l’Union nationale des instituts de travail éducatif et social ou comme membre du Conseil supérieur du travail social, postes qu’il occupera de 1995 à 2000. Ou encore comme président de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (7e mandat en 2014), où il développe un concept d’« accessibilité raisonnée ». A la tête du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) de 2002 à 2009, il veille à ce que les associations participent étroitement à l’élaboration de la loi du 11 février 2005, jusque dans son titre, imposant les notions de participation et de citoyenneté.

     

    Didier Tronche

    Fin connaisseur des questions liées à la formation et à la qualification dans le secteur social et médico-social, Didier Tronche a commencé sa carrière en 1972, avec l'obtention, à Clermont-Ferrand, d'un diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé, qui sera complété par une longue série de formations en psychologie, sciences humaines, psychanalyse, droit, gestion ou management. A 23 ans, en 1973, il devient directeur à Paris d’une structure expérimentale de l’ANPE chargée de réinsérer les malades psychiatriques, puis directeur général, à 32 ans, d’une association gérant des établissements pour handicapés et à caractère social. Six ans plus tard, en 1989, il prend la tête de la Sauvegarde du Calvados, alors la plus grande Sauvegarde de France, et cela jusqu’à sa nomination en 1995 à la direction du Snasea (Syndicat national des associations de sauvegarde de l'enfant à l'adulte), devenu en janvier 2010 Syneas (Syndicat des employeurs associatifs de l'action sociale et médico-sociale) après la fusion avec le SOP. Il y reste jusqu'en décembre 2011. Cette fonction à la tête d’un des plus importants syndicats d’employeurs de la branche, lui vaut de faire partie des instances dirigeantes de l'OPCA Promofaf/Unifaf : il passera huit ans à la présidence du conseil d'administration et de la commission nationale paritaire de l'emploi et de la qualification, et quatre ans à celle de l'observatoire national des métiers et de la qualification. Dans le cadre de ces fonctions, il a notamment participé activement à la négociation et à la mise en œuvre de l'accord de branche sur l'apprentissage dans le secteur, à la mise en place de l'accompagnement spécifique de branche de la VAE et à l'élaboration du premier référentiel professionnel pour les éducateurs spécialisés. Il a également présidé la commission professionnelle consultative (CPC) du travail social et de l'intervention sociale de 2003 à mars 2014, continue à y siéger depuis en tant qu'expert nommé par la direction générale de la cohésion sociale. Dans le cadre des « états généraux du travail social », il a présidé le groupe de travail sur le thème « Métiers et complémentarité ». Depuis 2007, il préside également la Fédération nationale de la médiation et des espaces familiaux (Fenamef).

     

    Jean-Marie VauchezJean-Marie Vauchez

    L’Organisation nationale des éducateurs spécialisés (ONES) a vu le jour le 15 novembre 2008. Jean-Marie Vauchez, 48 ans, en a été l’un des fondateurs et le  premier porte-parole. Educateur spécialisé, ce Jurassien, père de quatre enfants et passionné d’escalade, se destinait à devenir professeur de sport. Le hasard le conduit à travailler dans un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique et à se lancer dans une formation d’éducateur spécialisé. Il restera sept ans dans cet établissement, avec en point d’orgue l’ascension du Mont Blanc en compagnie des jeunes hébergés ! Puis il rejoint l’aide sociale à l’enfance du Jura. En 2004, il intègre un établissement pour adultes handicapés mentaux à l'APEI de Lons-le-Saunier et mène depuis 2008 une activité de formateur. Une rencontre avec Joseph Rouzel, fondateur de l’Institut européen Psychanalyse et travail social, lui donne le goût de la communication et de l’écriture. Il publie des tribunes dans les ASH dont une, en septembre 2005, intitulée « Pour une instance représentative de la profession d’éducateur » qui retient l’attention d’un groupe d’étudiants de l’Institut régional et européen des métiers de l’intervention sociale de Bourg-en-Bresse. Motivés par la création d’une association de défense du travail éducatif, ils vont formaliser cette nouvelle organisation à travers la création de l’ONES, qui est devenue depuis un interlocuteur incontournable pour toutes les grandes évolutions du travail social. Jean-Marie Vauchez est membre du CSTS en tant que personne qualifiée.

     

     

     

     

     

  • Colloque ASH : "L'usager au centre : vrai concept ou pure rhétorique ?"

  • ASH : les temps forts du 60ème anniversaire

  • Un événement en partenariat avec

     

powered by amiando

Organisateur de cet événement: Le magazine ASH
séminaire - organisation d'événements en ligne avec la billetterie de XING Events

Mentions légales